IQOS, la nouvelle cigarette électronique de Philip Morris

  • Un produit hybride qui requiert la plus grande prudence
  • Respirer de la vapeur de tabac
  • L’industrie du tabac entend ainsi redresser la barre de ses ventes actuellement en recul


Qu’est-ce que l’IQOS?

Ce nouveau produit imaginé par Philip Morris se présente sous la forme d’un stylo dans lequel on introduit une cigarette filtre « raccourcie » qui, en chauffant, va produire de la vapeur. Il s’agit donc d’une forme de cigarette électronique qui contient du tabac. Il n’y a pas de dégagement de fumée et donc, pas de goudron ni de monoxyde de carbone. Philip Morris fait donc croire qu’elle est « plus saine ».

Mais en ce qui concerne les autres substances cancérigènes présentes dans le tabac, on reste actuellement dans le flou total.

En quoi l’IQOS diffère-t-elle de l’actuelle cigarette électronique ?

Le principe de ces deux produits est identique : ces appareils dégagent de la vapeur et non de la fumée, et il n’y a pas de combustion. Cependant, les deux appareils diffèrent sur de nombreux points :

  • l’IQOS est un produit du tabac. On pourrait parler d’une cigarette sans fumée. En fumant une IQOS, vous respirez de la vapeur de tabac. Selon Philip Morris, elle est moins toxique qu’une cigarette normale, ce qui reste à démontrer. Cependant, avec l’IQOS la nicotine atteint très rapidement le cerveau, ce qui rend cette cigarette donc particulièrement addictive.
  • Avec l’e-cigarette, vous respirez de la vapeur d’un liquide avec ou sans nicotine. Ce liquide contient du propylène glycol et/ou la glycérine végétale, des arômes de goûts divers, éventuellement des additifs et de la nicotine. L’e-cigarette peut s’avérer utile pour celles et ceux qui décident d’arrêter de fumer car elle permet de réduire progressivement la dose de nicotine. Il faut toutefois garder à l’esprit que les risques à long terme sur la santé restent inconnus à ce jour.

Une solution pour réagir au recul des ventes de cigarettes ?

L’IQOS est déjà commercialisée au Japon, en Italie, en Suisse et, depuis le 1er décembre, au Royaume-Uni. Les Pays-Bas suivront en 2017 et l’IQOS devrait également faire son apparition en Belgique un peu plus tard.

Si le géant du tabac se positionne sur l’e-cigarette, c’est notamment car les ventes de cigarettes ont chuté en Occident et le nombre de fumeurs n’a fait que diminuer ces 10 dernières années. De plus, la vente et la publicité sont strictement réglementées.

L’industrie du tabac explore donc des solutions afin de continuer à faire du bénéfice. Pour Luk Joossens, expert dans la lutte anti-tabac, il est essentiel de garder l’esprit critique :
« Philip Morris ne s’intéresse qu’à une chose : engranger un maximum de bénéfices. Une "cigarette saine" vise à rétablir la normalité du tabagisme. »

Notre réaction

Nous recommandons toute la prudence lors de l’utilisation de ce produit, car les risques pour la santé sont inconnus à ce jour. En outre, la Fondation se méfie particulièrement des « bonnes intentions » de l’industrie du tabac.

Par le passé, la cigarette « light » avait déjà été présentée comme une alternative plus saine à la cigarette standard. La mention « light » a été interdite depuis, car elle suggérait une cigarette moins nocive, alors que la réalité démontrait tout le contraire.

De Tijd 01.12.2016 Tabaksproducenten zoeken naar (gezondere) alternatieven. http://www.standaard.be/cnt/dmf20161130_02600514