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Une étude met en doute les substituts nicotiniques

Les substituts à la nicotine seraient inefficaces pour arrêter de fumer, affirment les auteurs d'une étude de la Harvard School of Public Health (Etats-Unis). Plus précisemment, les substituts ne donneraient pas de meilleurs résultats à long terme si l’on arrête de fumer sans ces traitements.

Avis de la Fondation:

Pour établir ce constat, les universitaires ont questionné 787 personnes qui venaient d'arrêter de fumer. De ce nombre, le tiers a repris en quel¬ques semaines. Parmi les ex-fumeurs qui étaient en rechute après six semaines de sevrage, les chercheurs ont dénombré autant d'utilisateurs de substituts à la nicotine que de personnes qui n'en avaient pas pris.

Que faut-il penser de ces résultats ? Rien d’extraordinaire. On sait en effet que les substituts nicotiniques sont réellement efficaces lorsqu’ils sont utilisés aux doses adéquates, de préférence en association (par exemple, le couplage d’un patche et de comprimés), sur une durée définie par des paramètres précis comme la charge en nicotine des cigarettes et le nombre de cigarettes fumées. Que la prise de substituts nicotiniques doit être modulée, adaptée en fonction de contextes de vie particuliers (stress ou fatigue, par exemple), de la présence ou non d’une co-addiction (alcool, cannabis …). Que des précisions de doses peuvent être apportées par des dosages particuliers dans les urines.

Un professionnel de la santé formé à ce type de prise en charge pourra donc utiliser au mieux les substituts nicotiniques.

L’étude publiée dans la revue Tobacco Control n'évalue donc pas l’efficacité des traitements mais juste le résultat d’une prise de substituts nicotiniques –en vente libre- qui n’est pas toujours simple dans son utilisation. Enfin et surtout, arrêter de fumer n’est pas qu’une affaire de nicotine… Une prise en charge psychologique et comportementale s’avère nécessaire chez certaines personnes, pour assurer une rémission la plus longue possible.

La Libre Belgique 11 01 2012