Le tabac et les maladies cardiaques

Comment fonctionne le cœur ?

Le cœur est un muscle et, comme tous les muscles, il a besoin d’oxygène pour pouvoir fonctionner normalement. L’oxygène lui est fourni par le sang, via les artères coronaires.

Si ces artères sont atteintes d’une manière ou d’une autre (maladie coronarienne), l’apport en oxygène au muscle cardiaque n’est pas suffisant.

Le premier signal d’alarme de ce manque est une douleur dans la poitrine – aussi appelée angine – lors des efforts physiques. Dans un stade ultérieur, une crise cardiaque peut se produire.

Facteurs de risque des maladies coronariennes :

  • Facteurs inévitables : sexe (risque plus élevé chez les hommes), âge (risque plus élevé chez les personnes âgées), hérédité.
  • Facteurs évitables : tabagisme, hypertension, taux élevé de cholestérol, taux élevé de sucre dans le sang (diabète), obésité, etc.

Le tabagisme reste le facteur de risque évitable le plus important (au même titre que le diabète). De plus, il renforce les autres facteurs de risque cardiovasculaires (effet cumulatif).

Quel est l’effet du tabac sur le cœur et le système sanguin ?

  • Le tabagisme abîme les parois des vaisseaux sanguins et augmente le risque de dépôts graisseux sur ces parois.
  • Les plaquettes sanguines des fumeurs ont tendance à s’accumuler rapidement, ce qui augmente le risque de formation de caillots sanguins.
  • Après avoir fumé une cigarette, la pression sanguine augmente durant environ 15 minutes.
  • Fumer réduit le taux d’oxygénation du sang.

Au fil du temps, l’accumulation de graisse dans les vaisseaux sanguins peut les rendre très étroits. En conséquence, le cœur n’est plus assez approvisionné en sang riche en oxygène. Cela peut entraîner des douleurs ou une gêne dans la poitrine (angine).

Le risque de caillot est également plus élevé chez les fumeurs. Lorsqu’un caillot se forme dans un vaisseau sanguin déjà rétréci, il peut totalement bloquer la circulation et causer une crise cardiaque. Lorsque cela arrive au niveau du cerveau, on parle d’attaque vasculaire cérébrale (AVC).

Les artères des jambes peuvent aussi être encombrées par des dépôts graisseux. Des douleurs peuvent alors apparaître dans les jambes après quelques minutes de marche, car les muscles ne sont pas suffisamment approvisionnés en oxygène. Les personnes touchées par ce problème doivent souvent marquer des pauses lorsqu’elles marchent.

Enfin, la fumée de tabac contient du monoxyde de carbone, un gaz nocif. Il prend la place de l’oxygène dans les globules rouges, ce qui diminue leur capacité à transporter l’oxygène dans le corps.

Chez les fumeurs, l’oxygénation des cellules est donc trop faible. La présence de monoxyde de carbone dans le sang augmente fortement le risque d’affections cardiaques (cœur) et cérébrales (cerveau).

Vous voulez en savoir plus sur les conséquences du tabac sur votre corps ?

Découvrez notre infographie interactive des effets sur le corps.

Pour réduire les risques, la meilleure décision est bien entendu d’arrêter de fumer. Se contenter de réduire la consommation n’a qu’un impact minime sur les risques de maladies du cœur. On estime en effet qu’il faut une réduction de 80% de la consommation avant de voir des effets positifs sur la santé (par exemple, si vous fumez 10 cigarettes par jour, il faut réduire à maximum 2 par jour).

Il est donc préférable d’arrêter totalement, d’autant plus qu’il n’existe aucun « seuil minimal » en-dessous duquel fumer serait vraiment inoffensif.

Les conséquences bénéfiques de l’arrêt tabagique pour le cœur et les vaisseaux sanguins

Les effets positifs sont les suivants :

  • Après 20 minutes : la pression sanguine et le rythme cardiaque reviennent à la normale.
  • Après 8 heures : les taux de nicotine et de monoxyde de carbone dans le sang sont réduits de moitié.
  • Après 24 à 48 heures : le taux d’oxygène est à nouveau dans les normes, le monoxyde de carbone a disparu.
  • Après 2 à 12 semaines : la circulation s’améliore.

Après 1 an d’arrêt, le risque de maladies cardiovasculaires est réduit de moitié. Après 15 ans, le risque est identique à celui de quelqu’un n’ayant jamais fumé.

Les risques éventuels liés aux substituts nicotiniques sont bien faibles que les risques liés au tabagisme.

Tabagisme passif

Le tabagisme passif peut lui aussi être à l’origine de maladies cardiovasculaires. L’interdiction de fumer dans le secteur horeca et dans les bâtiments publics est à ce titre une mesure très importante dans la protection de la santé des non-fumeurs, mais également des fumeurs.

Une étude de l’université d’Hasselt a montré que depuis l’introduction de cette mesure en Belgique, le nombre de décès dus à des infarctus cardiaques a significativement baissé. On estime qu’environ 1715 décès ont ainsi été évités en Flandre en quatre ans.

Le saviez-vous ?

  • Les fumeurs meurent en moyenne 10 ans plus tôt que les non-fumeurs.
  • Les fumeurs présentent deux fois plus de risque de crise cardiaque que les personnes n’ayant jamais fumé.
  • Arrêter de fumer après une crise cardiaque réduit les risques d’une nouvelle crise cardiaque et améliore les chances de survie à cette éventuelle nouvelle crise.
  • Arrêter de fumer avant une opération, et surtout une opération du cœur, diminue le risque de complications graves.
    Cependant, il faut arrêter au moins une semaine avant le jour de l’opération afin d’éviter des complications.
  • Pour garder votre cœur en forme, les principales mesures de prévention que vous pouvez prendre sont:
    arrêter de fumer, manger sainement et faire suffisamment d’activité physique.

Pour en savoir plus, consultez le site de la Ligue cardiologique Belge (LCB - liguecardioliga.be). Vous pouvez également commander leurs brochures gratuites.