Le captage de données : un argument de plus contre l’IQOS

  • IQOS serait capable de récolter des données personnelles.
  • Elle contient des substances cancérigènes.
  • Et n'est pas recommandée comme aide à l'arrêt.

IQOS, le système de tabac sans fumée de Philip Morris, continue d’alimenter les critiques. Selon l’agence de presse Reuters, IQOS serait capable de récolter des données personnelles sur ses utilisateurs, bien que son producteur nie y faire appel.

Une technologie aux multiples possibilités

Les technologies brevetées par Philip Morris pourraient permettre de récolter des informations sur les habitudes des utilisateurs, telles que le nombre de bouffées ou la consommation moyenne quotidienne.

Le géant de l’industrie du tabac se défend toutefois de collecter des données issues de l’IQOS à des fins de marketing, mais n’utiliserait ces informations qu’en cas de déficience technique d’un appareil.

Des brevets inquiétants

D’autres brevets auraient été déposés par la firme américaine, par exemple pour un embout muni d’un capteur mesurant la quantité de nicotine présente dans la salive, et permettant des ajustements à distance de l’appareil. Philip Morris affirme pourtant ne pas utiliser ce brevet et ne pas prévoir de l’utiliser actuellement.

Mais qu’en est-il de l’avenir ? Philip Morris prévoit-il de surfer sur la vague des produits connectés afin de récolter et utiliser des données de consommation de ses utilisateurs ? Quelle que soit la réponse à cette question, il est important que l’utilisateur soit bien conscient des possibilités de tels appareils et décide en toute connaissance de cause de les faire entrer ou non dans sa vie.

« Nous savons que l’IQOS est nocif »

Si l’IQOS n’est actuellement pas disponible en Belgique, il est déjà possible de s’en procurer dans plusieurs pays d’Europe. Mais attention : on sait très peu de choses quant à ses effets sur la santé, et bien des scientifiques mettent en garde sur sa consommation.

Un centre de recherche néerlandais (Rijksinstituut voor Volksgezondheid en Milieu) a étudié l’utilisation de l’IQOS. « Nous savons que l’IQOS est nocive », affirme la chercheuse Yvonne Staal. « Mais il est encore trop tôt pour savoir à quel point. Ce qui est sûr, c’est que l’IQOS contient des substances cancérigènes, donc l’utilisateur court un risque de cancer et d’autres maladies. En outre, la quantité de nicotine qu’il contient rend ce produit à peu près aussi addictif qu’une cigarette. »

Comme moyen d’aide à l’arrêt, il est plutôt recommandé de recourir à la cigarette électronique qui offre la possibilité de diminuer progressivement la dose de nicotine, ce que ne permet pas l’IQOS.

Bientôt une nouvelle réglementation aux Pays-Bas. Et en Belgique ?

Le secrétaire d’Etat néerlandais Paul Blokhuis, qui a déclaré publiquement la guerre au tabagisme il y a peu, a précisé dans une lettre au Parlement qu’une nouvelle réglementation sera « bientôt » développée afin de mettre un frein aux appareils qui chauffent du tabac, tels que l’IQOS. Il s’agira de nouvelles exigences en matière d’emballage, d’une limite d’âge et d’une interdiction de publicité pour ces produits.

Dans notre pays, c’est heureusement déjà le cas, puisque la Belgique a édicté des règles strictes qui valent pour tous les produits du tabac et apparentés.

Pour plus d’infos, consultez les précédentes actualités Tabacstop qui traitent de l’IQOS :

Sources (en néerlandais) :