Mieux comprendre la dépendance à la nicotine

  • La nicotine active la libération de dopamine, hormone du plaisir.
  • Entre deux cigarettes, on ressent le manque.
  • Nous ne sommes pas tous égaux face aux addictions, question de génétique.
  • Heureusement, des aides au sevrage existent.

Cela commencerait presque comme un conte de fées : un petit circuit neurologique que nous avons dans le cerveau, appelé « circuit de la récompense », agit comme un moteur de notre vie. C’est lui qui nous donne le goût du plaisir, l’envie d’aller de l’avant en faisant les choses que l’on aime.

Dopamine, plaisir et motivation

C’est dans ce circuit de la récompense que, lors d’un événement heureux, notre cerveau va sécréter du plaisir sous la forme d’une molécule, la dopamine. A l’avenir, chaque fois que les circonstances nous rappelleront ce moment magique, le circuit de la récompense libèrera un peu de dopamine, pour nous donner déjà un peu de plaisir, avec l’envie de continuer.

La nicotine et sa sensation de manque

La nicotine contenue dans le tabac est, elle aussi, capable d’activer le circuit de la récompense pour libérer de la dopamine. On ressent alors des « bénéfices » comme du bien‐être, du plaisir, une augmentation de l’éveil et de nos capacités d’apprentissage, ou encore un effet coupe-faim.

Mais une fois l’addiction installée, notre vie est aussi rythmée par une sensation de manque qui revient régulièrement entre deux cigarettes. Lorsqu’on arrête de fumer, le cerveau ne reçoit plus sa « dose » habituelle de nicotine et la libération de la dopamine est interrompue. On ne ressent plus les effets positifs de la cigarette mais bien les effets du manque de nicotine. (En savoir plus sur les symptômes de manque.)

Cette dépendance physique qui rend aussi l’arrêt si difficile…

Quand on arrête de fumer, il faut parfois du temps avant de ressentir à nouveau un certain bien-être, car on surtout ressent ces symptômes de manque, ce qui peut sembler décourageant. De plus, lorsque l’addiction est installée, le circuit est tellement déréglé que la personne perd la liberté de contrôler son comportement : elle sait que fumer est mauvais pour sa santé, elle a pris de bonnes résolutions, et pourtant l’effort qu’elle doit faire pour résister est important.

Pas tous égaux face à la dépendance

Mais pourquoi certaines personnes parviennent à arrêter de fumer sans aide tandis que d’autres n’y arrivent pas ? Parce que nous ne sommes pas tous égaux face aux addictions. Certains doivent consommer plus de nicotine pour activer le système de récompense, et rechutent plus facilement après un arrêt.
C’est très probablement une question de génétique. Une étude génétique récente montre par exemple qu’une plus faible dose de nicotine suffit pour que la dépendance s’installe chez les femmes par rapport aux hommes*. Une autre étude sur des rats** a également montré que des facteurs génétiques peuvent augmenter le risque de dépendance au tabac et compliquer l’arrêt tabagique.

Trouver d’autres sources de dopamine

C’est là tout l’intérêt des substituts de nicotine, qui permettent un sevrage plus en douceur en diminuant la dose progressivement. Avec l’aide d’un tabacologue, on peut doser correctement cette substitution pour obtenir un arrêt confortable. L’avantage, c’est que pendant ce temps, on évite déjà toutes les autres substances nocives de la fumée de cigarette.

Il est également important de remplacer la cigarette par d’autres sources de plaisir. Au début, ce sera difficile car la cigarette apportait un plaisir très immédiat. Par contre, on est gagnant dans la durée. Parce que le vrai plaisir de la clope, c’est 2-3 minutes. Alors que le vrai plaisir d’un weekend que l’on organise avec des amis, cela va baigner notre cerveau de dopamine pendant plusieurs jours !

Etes-vous dépendant ? Faites le test ici.

Et apprenez-en plus sur les 3 formes de dépendance. (Cet article traitait uniquement de la dépendance physique.)

Vous avez encore des questions sur la dépendance à la nicotine ? N’hésitez pas à contacter les tabacologues de Tabacstop gratuitement au 0800 111 00 ou en remplissant le formulaire en ligne.

Sources :